Penses-y, deux secondes. 

Tout le monde est expert de quelque chose, tout le monde sait tout sur tout. Tout le monde comprend le besoin directement lorsqu’il est présenté, tout le monde donne tout de suite un résultat final top notch, sans aucun point de critique, sans rien à redire.

On vit à contre-courant : on est habitués de se battre pour nos tarifs, de se battre pour notre vision des choses. On fait du ping pong verbal, du back and forth interminable de courriels. On ne s’entend pas sur les suivis, et les délais sont souvent zone grise, zone tabou.

Imagine un monde où chaque client est un client idéal. Où on a la liberté de faire exactement ce que l’on veut, aucune limite, aucune restriction. Imagine un mandat où chaque itération est une idée de génie, où chaque mise à jour reçoit des acclamations.

Combien tu paries qu’on finirait tous par se dire que c’est plate, de ne pas avoir de challenge? Qu’on tourne en rond dans notre tête, et que le client n’aide pas à hocher de la tête de la positive à chaque nouveau mail de questions. Que ça ne vaut pas la peine de se forcer, parce qu’anyways, tout va passer crème sans qu’on refasse une seconde lecture, sans qu’on peaufine, sans qu’on se tape une ou deux nuits blanches juste pour être sûrs d’avoir bien fait, d’offrir quelque chose de valeur, reconnu.

C’est notre nature, de nous nourrir des refus et des critiques. Si on reste dans nos plis d’excellence, on plafonne. Si on est trop doué dans l’oeil de notre client, on slalome. Vers le bas.